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Face à la désertification, une stratégie de l’eau s’impose

L’une des priorités du prochain gouvernement sera l’élaboration d’une stratégie visant la gestion de l’eau.

Désertification, stress hydrique, déforestation, pollution; les raisons justifiant le manque d’eau sont en effet nombreuses. Une chose est sûre : les premiers facteurs peuvent parfois induire également la sécheresse. Pour l’heure, les autorités ne font que colmater les brèches et n’ont pas encore mis en place une stratégie claire et précise concernant une ressource aussi importante que l’eau. L’engagement du Maroc était pourtant clair depuis 2002, date à laquelle le Royaume avait participé au Sommet mondial du développement durable à Johannesburg.

 

L’échéance avait été annoncée clairement : l’année 2005 devait être celle de la mise en place d’une stratégie nationale de l’eau au Maroc.

Et pourtant aucune stratégie n’a été à aujourd’hui concoctée ou du moins proposée par le gouvernement sortant.

 

La problématique demeure cruciale. Car la situation climatique au Maroc influe sur l’économie globale du pays. Alors que la sécheresse sévit et que certains barrages sont à leur niveau le plus bas, le gouvernement ne semble pas encore imaginer une quelconque feuille de route pour protéger son environnement. Résultats des courses: à la période estivale, des régions entières ont souffert de coupure d’eau. A titre d’exemple, à El Oualadia, les estivants se sont trouvés tout simplement privés d’eau. Une situation en somme inconfortable, à l’heure où la vision 2010 prône 10 millions de touristes d’ici le deadline arrêté.

 

Côté agriculture, la sécheresse a impacté fortement les récoltes. L’indice de la croissance économique s’en est trouvé fortement atteint. Les prévisions du Centre Marocain de Conjoncture n’avoisinent d’ailleurs guère les 0,4% en terme de croissance du PIB…

Les nouvelles échéances devraient être ainsi respectées sans plus tarder. Du côté du secteur privé, certains ont déjà commencé à penser « économie d’eau ». C’est le cas de la société Acoram qui s’est positionnée depuis le démarrage de son activité en 1999 dans la préservation de l’environnement. A l’affût des dernières innovations déjà expérimentées à travers le monde, le jeune manager à la tête de l’entité ne cesse de sensibiliser pouvoirs publics et entrepreneurs privés sur les enjeux de la sauvegarde de l’environnement. En ce qui concerne la gestion de l’eau proprement dite et notamment dans le domaine agricole, la dernière trouvaille est le polyter.

 

« Concept unique, ce constituant permet une absorption très rapide de l’eau ainsi que sa restitution par pression osmotique de la masse de la racine (en clair, les racines pompent l’eau directement sur le polyter pré gonflé d’eau et d’oligo-éléments). Sa caractéristique est un atout : hydro- activateur, il est un puissant rétenteur d’eau, mais pas seulement. Fertilisant et activateur de croissance dotée d’une très grande capacité d’optimisation des besoins et du développement des végétaux, il est efficace pour tout arbre, gazon, plantes, fleurs, entre autres », explique Saber Cherif Kannouni, DG d’Acoram.

 

Cette solution est en cours d’expérimentation dans certaines régions du Maroc notamment dans la culture de l’olivier. Mais avec les autorités publiques, les avancées demeurent timides compte tenu sans doute de la nouveauté du procédé sur le marché marocain. Il n’en demeure pas moins que le processus effectue son chemin à travers une démarche de B to B notamment à travers les ONG sensibles à la préservation du patrimoine naturel national.

 

Dans le registre « économie d’eau », des procédés d’économiseurs d’eau sont commercialisés par la société, depuis déjà plusieurs années. Et là encore les équipements trouvent acheteurs surtout dans les secteurs privés (hôtelleries, golfs, piscines, ambassades…).

L’intérêt de généraliser et même de démocratiser ce genre d’équipements à tout type de consommation (industrielle ou domestique) rentre directement dans la logique de trouver rapidement des solutions pour une meilleure gestion de l’eau. L’économie sur la facture liée à la consommation de l’eau étant vérifiée.

 

Bref, la stratégie de l’eau attendue avec le nouveau gouvernement devra tenir compte de tous les acteurs (ONG, sociétés privés, ingénieurs et experts en la matière…) pour capitaliser sur les recherches et les prestations déjà existantes. Certains autres procédés venus également d’ailleurs auraient été déjà présentés à des responsables du ministère de l’agriculture.

Les ingrédients et les ressources humaines existent donc. Il s’agit seulement de faire les bons choix pour une application pérenne et équitable d’une politique d’eau. Dans le cas contraire, le risque de voir certaines régions se désertifier davantage est grand. Le retard pris dans la gestion d’un dossier aussi sensible n’arrange guère les choses.    


Auteur : CMC_admin
Source: Centre Marocain de Conjoncture
Date : 2007-09-06

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